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Docker épisode #0

Road trip en vallée de Chevreuse, de concert en concert.
Chaque étape est l’occasion de découvrir une ou un artiste de la programmation 2027. 
Un épisode par semaine, pas de possibilité de binge-watching, mais toute la série est en ligne sur festivalatouteheure.com pour ne manquer aucun épisode.

Onze concerts, des dizaines de kilomètres, une vallée au sud-ouest de Paris… et toujours cette même question : on roule vers quel concert, maintenant ?
Quand le printemps revient en vallée de Chevreuse, Docker ne choisit pas un concert : il choisit la route. De virage en virage, de scène en scène, il part pour un road trip pas comme les autres, à la poursuite des riffs, des rencontres et des nuits du FESTIVAL A TOUTE HEURE.

Docker est un biker, un vrai, de ceux qui connaissent la route par son odeur avant même de la voir. Depuis vingt-sept printemps, quand la vallée de Chevreuse se réveille sous les premiers soleils, il enfourche sa Harley et prend la route, direction le FESTIVAL A TOUTE HEURE, les copains, les amplis et cette musique qui fait vibrer les nuits.
Vingt-sept ans que ça dure. Vingt-sept ans de virages, de bitume, de moteurs qui grondent et de guitares qui répondent au loin. Docker roule pour la musique comme d’autres roulent pour aller nulle part, simplement parce qu’il faut partir, sentir le vent, entendre le moteur et savoir qu’au bout de la route il y aura encore un concert.
La Harley, la musique, la liberté : trois façons de dire la même chose.
Et Docker, quand il parle de tout ça, ne garde rien pour lui. Il partage, raconte, transmet, embarque les autres dans son voyage. Parce que la passion, la vraie, n’a de sens que lorsqu’elle circule — comme une bonne chanson lancée à fond sur une route de campagne, un soir de printemps.
Après vingt-sept ans de pratique, Docker maîtrise parfaitement le principe : quand on aime la musique, pourquoi se contenter d’un seul concert quand on peut en faire onze ?

Onze étapes, onze ambiances, une même envie : rouler, écouter, partager. Parce qu’au FESTIVAL A TOUTE HEURE, le voyage ne se fait pas seulement entre deux concerts. Il commence dès qu’on tourne la poignée des gaz.
Onze concerts, des dizaines de virages, quelques détours parfaitement « nécessaires » et, avec un peu de chance, aucun mécano à appeler.
Bref, un road trip musical.

Présentation road trip 2027.jpeg

Docker épisode #1

Le clochard céleste et la tête hideuse...

Le Twin-Cam 103 gronde, brisant la brume matinale qui lèche le bitume de la D24. Sur ma bécane, le cuir usé collé à la peau, je fuis Paris. Cap sur la Haute Vallée de Chevreuse.
À l’entrée de la forêt de Rambouillet, l’odeur de mousse humide et d'essence m'enveloppe. C’est ça, la liberté. Pas de GPS, juste l’instinct. Le soleil perce à travers la canopée, dessinant des stroboscopes d’or sur mes chromes. Je ne suis plus un banquier en rupture de ban, je suis un clochard céleste, propulsé à la dynamite. J'ai plus l'âge de faire le malin. Alors j'ai acheté une moto qui le fait à ma place.
Les dix-sept tournants arrivent, secs et techniques. J'écrase le sélecteur, couche la bécane. Le repose-pied racle le goudron dans un crissement métallique jouissif. Une communion pure entre la machine et l'asphalte.
Halte obligatoire à L’Hermitage d'Auffargis. Je coupe le contact, le moteur cliquète dans le silence retrouvé. Autour d'un café noir pris au comptoir, les regards des autres motards valent tous les discours du monde. Rendez-vous au FESTIVAL A TOUTE HEURE. 
Je reprends la route vers Saint-Arnoult-en-Yvelines alors que le crépuscule incendie le ciel. Derrière moi, la fumée des pots ; devant, l’infini d’une nuit qui ne demande qu’à être brûlée.

Dans mes écouteurs Awa LY. Seulement la route, les kilomètres, le ciel qui change de couleur et cette voix qui ne cherche rien, surtout pas à impressionner, une voix qui passe à travers vous et continue sa route.
Il y a des voix qui se contentent de chanter, et d'autres qui murmurent à l'âme. Celle d'Awa LY appartient à cette seconde catégorie. Veloutée, profonde et infiniment lumineuse, elle glisse sur les mélodies comme une caresse, éveillant des émotions qui invitent au voyage. Chaque note, chaque silence raconte une histoire.

J’arrive au Cratère à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Je m’arrête vite fait à la boulangerie du centre, impossible de manquer leur sandwich, un Smoked Meat à la poitrine de bœuf fumée et marinée, tranchée finement, servie chaude sur du pain de seigle avec de la moutarde jaune. J’en prends deux. 
Le Twin-Cam trouve sa place en face de l’entrée de la salle, un vrai fauteuil d’orchestre. Il profitera, lui aussi, du concert. C’est important de laisser son Twin-Cam en lieu sûr, non pas que je risque de me le faire voler mais je ne voudrais pas qu’on lui jette un sort. On dit que le Diable aurait laissé sa trace dans Saint-Arnoult. 
La mairie raconte elle-même qu’au Moyen Âge, la forêt de Rambouillet était réputée hantée par le Diable, avec des lieux portant des noms associés au démon et aux sabbats de sorcières. Et l’église Saint-Nicolas n'échappe pas à ces croyances. La commune évoque des « traces encore présentes » dans l'église Saint-Nicolas, témoins des anciennes croyances et peurs liées aux forces maléfiques. 
Ça mérite franchement que je regarde ce qu'il y a exactement dans l'église : sculptures, pierres, inscriptions, représentations du diable, signes apotropaïques. Tout y est et je resserre machinalement mon blouson, tout en jetant un coup d’œil sur l’écusson cousu sur ma poitrine ; merde alors je suis quand même membre des Dockers des anges. 
Lors de la restauration de l'église en 1971, une tête sculptée en pierre a été retrouvée dans le sol, au niveau de la croisée du transept. Elle proviendrait de l'église primitive. La commune l'a identifiée comme une représentation de Satan. Surnommée la « Tête Hideuse », elle est aujourd'hui scellée sur le mur du bas-côté sud. On la compare notamment à une sculpture similaire de la cathédrale de Chartres. Mais le détail qui donne des frissons : à l’origine, elle était enterrée dans l'église.
Bon, je sors de l’église, j’ai besoin d’aller faire un tour à la « fontaine aux pouvoirs ». Il faut que je jette un morceau de pain ou un mouchoir dans l’eau. S’il flotte, je me marie dans l’année, s’il coule, il faudra attendre. Je ne vais quand même pas jeter mon bandana dans la fontaine. Et j’ai mangé tout mon sandwich. Je ne suis pas près de faire ma balade en duo. Bon tout ça c’était au moyen-âge, on voyageait à cheval. Moi je roule en Twin-Cam. Rien à craindre, et puis le concert va être excellent.

Awa LY est une tisseuse de routes. Elle n’est pas assise à l’arrière d’un chopper, elle est le vent qui pousse le motard à continuer sa course.
Quand elle entonne ses mélodies teintées de soul et de racines africaines, elle offre au biker moderne ce que Jack Kerouac cherchait désespérément à l'arrière des pick-ups américains : un instant de pure connexion avec le monde. Le cuir noir s’adoucit sous la folk universelle ; la solitude de l’asphalte se transforme en un voyage spirituel partagé.
Ce vendredi soir à Saint-Arnoult, ma bécane est béquillée sur le parking du Cratère, je ne viens pas seulement chercher un concert. Je viens chercher la suite logique de mon road trip : un autre territoire à explorer, sans carte, guidé par la seule magie d'une voix nomade.

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La Playlist idéale pour rouler en Vallée de Chevreuse avec Awa LY
Si vous devez glisser ses morceaux dans vos écouteurs sous le casque avant le concert au Cratère de Saint-Arnoult :
•    Pour les lignes droites forestières : Ahead – pour son énergie folk-pop qui pousse vers l'avant.
•    Pour enrouler les 17 Tournants : Are You Ready? – un titre envoûtant aux vibrations bluesy, parfait pour caler ses trajectoires.
•    Pour la halte au comptoir : Mesmerising – de la pure soul/musique du monde qui invite à poser le casque et à regarder les chromes refroidir.

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Docker épisode #2

Une odeur de fumée et trois coups sous terre.

Je décide de m’y rendre directement, le concert de Yves JAMAIT a lieu demain, et Bonnelles a des secrets à révéler.

On raconte qu’avant que la forêt ne reprenne ses droits sur le domaine de Bonnelles, le château brûle déjà plusieurs fois. Mais les anciens affirment que le feu n’est pas le véritable danger.

Au XVIIIᵉ siècle, un incendie ravage l’ancien château. On reconstruit. Puis vient la Révolution. Les propriétaires partent, les portes sont forcées et les armoiries détruites. C’est alors qu’une étrange rumeur apparaît : les révolutionnaires découvrent sous le château un escalier qui descend bien plus profondément que les caves.

L’escalier est condamné. Personne ne sait pourquoi.

Au fil des années, la rumeur persiste. On raconte qu’un passage souterrain relie le château aux bois et permet de disparaître sans être vu. Certains prétendent même qu’une porte de pierre, enfouie sous terre, porte une inscription que personne n’ose lire.

En 1803, un homme nommé Jacques-Denis Nouton disparaît alors qu’il est recherché dans une affaire criminelle. Armé d’un sabre et de deux pistolets, il fuit vers la forêt.

Trois hommes partent à sa poursuite. Deux reviennent. Le troisième ne reparaît jamais.

Des années plus tard, trois enfants explorent les ruines du domaine. Derrière un mur effondré, ils découvrent une ouverture qui mène à un passage glacé. Au bout, une porte de pierre porte une date : 1803.

Dessous, trois mots : « Il est encore là. »

Le lendemain, accompagnés d’adultes, ils reviennent. Mais l’ouverture a disparu.

En 2008, le château brûle encore. Dans les caves, les pompiers découvrent une ancienne porte murée. Derrière, il n’y a que de la terre.

Pourtant, sur le mur intérieur, quelqu’un a écrit dans la suie : « Vous êtes revenus. »

Depuis, les anciens racontent qu’après la tombée de la nuit, on peut entendre trois coups sourds sous la terre. Puis un quatrième. Et lorsque ce dernier résonne, une odeur de fumée remonte des anciennes caves.

Alors, les plus vieux habitants répètent toujours la même phrase :

« Ne cherchez pas le souterrain.

Ce n’est pas un passage pour sortir du château.

C’est un passage pour y revenir. »

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Bon, OK, je reviens à Bonnelles tous les ans mais pas pour chercher le souterrain.

Ce que je cherche c’est le food truck des amis du FESTIVAL A TOUTE HEURE qui sert un Bánh mì gà aussi bon que ceux qu’on trouve à Hanoï. Une baguette à la croûte ultra-croustillante et à la mie extrêmement légère et aérienne que Văn, le patron du food truck, garnit d’un mélange de textures incroyables : pâté de foie de porc, mortadelle vietnamienne et porc laqué. J’ajoute un filet de sauce Maggi pour le goût umami sur les tranches de concombre croquant, les tiges de coriandre fraîche et les rondelles de piment oiseau frais qui relèvent le tout. Le Bánh mì gà, quand tu en as mangé un, tu ne l’oublies jamais. Et franchement, le Bánh mì gà est probablement le sandwich qui donne le meilleur rapport « putain c’est bon » / complexité / fraîcheur.

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D’ailleurs cette année le JAMAIT que je cherche s’appelle Yves. Parce que lui aussi, un jour, il a pris la route.

Pas la route des grands aventuriers, pas celle des cartes postales et des horizons propres. Non. Sa route à lui passe par les bars enfumés, les chambres d’hôtel, les salles de concert, les copains, les amours perdues, les amours retrouvées, les nuits trop courtes et les lendemains où l’on se demande encore pourquoi on continue — avant de continuer quand même.

Yves JAMAIT, c’est un homme en mouvement.

Un homme qui parle vite parce qu’il a trop de choses à dire. Qui rit fort parce qu’il connaît la tristesse. Qui râle parce qu’il aime trop les gens pour les laisser tranquilles. Un homme capable de transformer une blessure en chanson, une engueulade en éclat de rire, un souvenir de bistrot en morceau de vie.

Il y a quelque chose de profondément libre chez lui. Et c’est ce que j’aime.

Dans le cliquetis du twin qui refroidit, j’entre dans la salle.

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La Playlist idéale pour rouler en Vallée de Chevreuse avec Yves JAMAIT

Si vous devez glisser ses morceaux dans vos écouteurs sous le casque avant le concert à Bonnelles :

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• Une chanson pour les lignes droites : Prendre la route – l’envie de partir, de laisser derrière soi les habitudes et de voir où les kilomètres nous mèneront.

• Une autre pour les virages : Le temps emporte tout – une chanson sur le temps qui passe, les souvenirs qui s’effacent et ce qu’il nous reste malgré tout.

• Quelques morceaux pour les pauses café dans un petit village : J’en veux encore – Un hymne à l’envie de vivre pleinement, de profiter des instants présents et de ne surtout pas s’arrêter là.

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D’ici – Un regard sensible sur le monde depuis son propre point de vue, entre   distance, souvenirs et envie d’ailleurs.

La Fleur de l’âge – Une réflexion tendre et mélancolique sur cette jeunesse que l’on voudrait retenir encore un peu.

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